Parrains

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Yves Lichtenberger
PRES Paris Est - Président
L'émergence de nouvelles coopérations universités entreprises

Jamais les responsabilités des universités en matière d'insertion de leurs étudiants n'ont été aussi lourdes. Non seulement parce que, pour la première fois cette mission se trouve inscrite explicitement dans une loi, la LRU (Liberté responsabilité des universités) qui redéfinit leurs missions, mais parce que depuis plusieurs années, et en particulier au travers de la mise en place du LMD (réorganisation des parcours d'enseignement autour des trois grades de Licence, Master et Doctorat), les universités en ont fait le cœur de la redéfinition de leurs formations et de leurs pédagogie.

Il serait erroné d'y voir là le signe d'une indifférence des universitaires au devenir de leurs étudiants, la caricature du professeur ne s'intéressant qu'à la formation du tout petit nombre de disciples parmi lesquels il compte désigner son successeur est trop répandue pour ne pas la corriger. A la vérité, jusque dans les années 80, le seul passage par l'université était une garantie suffisante de trouver un emploi, dans les trois quarts des cas dans la fonction publique qui recrutait en fonction d'un niveau général et se chargeait elle-même d'apprendre sur le tas à des têtes plutôt bien faites les rudiments de leur futur métier. L'université débouchait naturellement sur l'emploi et sur de bons emplois, se soucier de l'insertion revenait à se soucier d'abord de la qualité du niveau académique atteint et il était naturel de ne pas en faire un objectif séparé.

C'est le rôle confié à partir des années 80 aux universités d'élever massivement la qualification de la population et de contribuer ainsi à la formation de ressources aussi bien pour le privé que pour le public qui a posé en soi la question de nouvelles articulations entre emplois et formations. Les universités s'y sont largement engagées en développant des formations professionnelles montées avec des professions et où, à l'image des écoles, le métier s'apprend au sein du cursus en alternance, voire en apprentissage. Cette réponse s'avère pertinente partout où peut se définir une relation assez stable entre métier et formation ;

Aujourd'hui émerge une nouvelle demande aussi bien des étudiants que des entreprises :
- pour les entreprises confrontées à une concurrence qui met en jeu leurs capacités de réactivité et d'innovations, celle de disposer de ressources capables de dépasser la définition initiale de leur emploi et de les aider à évoluer,
- pour les étudiants attirés par l'approfondissement d'une discipline, sans pour autant vouloir y passer leur vie, celle d'apprendre à se servir des méthodes acquises dans des univers professionnels différents.

C'est la richesse de la situation actuelle : ces deux attentes peuvent se combiner. Les entreprises ont besoin de cadres ayant baigné dans un contexte de recherche, et c'est la force des universités. Les étudiants peuvent ne pas s'enfermer dès le bac, alors qu'ils s'ignorent encore eux-mêmes, dans une voie professionnelle qui leur semble réductrice sans être promis à la galère.

De nouvelles coopérations vertueuses entre entreprises et universités sont en train de voir le jour. Elles ne le verront pas sans effort et sans acteurs qui s'y consacrent. Voilà pourquoi je souhaite bienvenue et longue vie à LA MANU.

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