Parrains

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Nicole Notat
VIGEO - Présidente
De l’ambition comme remède à la mélancolie française

La relation étudiants-entreprise est particulière. Les étudiants vivent ce paradoxe de rêver d’y entrer et trouver un emploi à leur mesure et en même temps redoutent de tomber dans un univers d’exploitation. Les entreprises ont un regard souvent critique sur l’Université, mais l’enseignement est souvent le miroir de leur indifférence à son égard.

De la place où nous parlons, nous considérons que la responsabilité sociale de l’entreprise l’entraîne à repenser son rapport à l’enseignement et aux étudiants. Cette responsabilité n’est pas seulement dans la qualité du produit, dans celle des relations avec ses salariés ou avec ses consommateurs. Elle est dans sa relation positive à la société dans laquelle elle vit en interdépendance. Cette interdépendance doit la conduire à ouvrir ses portes aux étudiants et leur faire une place non en songeant à leur utilité à court terme, mais dans une attitude formatrice de professionnels qui connaissent des techniques, mais qui possèdent aussi une culture économique et sociale.

S’ouvrir au monde de l’enseignement demande aux entreprises non seulement de contribuer financièrement à son développement, mais aussi de participer à sa gestion et à ses enseignements.

Créer une interface permanente entre ces deux mondes est une ambition à la fois très élevée et très nécessaire. Enquêtes et sondages européens convergent : à écouter notre pays, les autres sont des obstacles, non des alliés, encore moins des amis. A entendre une majorité de Français, nos difficultés ont des causes extérieures, l’Europe, la mondialisation, le gouvernement, etc.

Et si nous décidions d’affronter nos défis sans chercher chez les autres des prétextes aux résistances rencontrées ? Nous appelons ambition cette attitude de vouloir entreprendre en trouvant en soi les recettes de la victoire. Nous appelons ambition le fait de tenter de mener à bien un projet sans accuser à l’avance les autres d’en avoir saboté les avancées. Nous appelons ambition le choix de vouloir apporter des changements à l’université, à l’entreprise, à la relation entre l’une et l’autre.

Il existe deux formes d’ambition : l’une est de vouloir réussir sans les autres, la seconde est de vouloir réussir avec les autres. Trop de professeurs, de managers, d’étudiants sont condamnés à l’échec parce qu’ils demeurent des solitaires.
Une promo solidaire réussit mieux qu’une promo de solitaires. Une entreprise apprenante réussit mieux qu’une entreprise taylorienne. Il y place partout pour les ambitieux de la participation. Beaucoup de place.

L’ambition des responsables de LA MANU est naturellement de la seconde catégorie à laquelle elle ajoute sa spécificité : une ambition avec les autres et pour les autres. LA MANU est une ambition : elle cherche à renouveler la relation entre deux mondes entraînés dans des logiques différentes, l’entreprise, l’enseignement supérieur. Chacun suspecte l’autre en même temps que chacun a besoin de l’autre. Qu’ils viennent de l’entreprise ou de l’université, LA MANU appelle les ambitieux d’une nouvelle cause : la complicité entreprise-étudiants.

Par Jean-Paul JACQUIER, Président du site « clésdusocial.com » et Nicole NOTAT, Présidente de VIGEO.

À lire également : Étudiants / entreprises / salariés : une triple entente

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