Les débats des DRH, Les enjeux du choc démographique



Départs en retraite massifs, basculement de la pyramide des âges... comment les DRH s’apprêtent-ils à gérer le choc démographique ?


Interview croisée entre Jean-Paul Biard de GDF SUEZ et Benjamin Castaldo du groupe Partouche


À quelles évolutions démographiques allez-vous devoir faire face dans les prochaines années ?


biard-mid2Jean-Paul Biard
: Le groupe GDF SUEZ est présent, fort d’environ 200 000 salariés, dans le gaz et l’électricité sur l’ensemble de la chaîne énergétique, dans les services à l’énergie et ceux liés à l’environnement. Les pyramides des âges sont très différentes selon les secteurs d’activité : elles résultent notamment de la trajectoire historique de développement dans le métier concerné et du taux de turnover lié à la nature des emplois.

Les départs en retraite des prochaines années seront particulièrement nombreux dans les activités techniques liées à l’énergie en France (taux annuel de 5 à 10 % dans certains métiers).


Benjamin Castaldo
: Le baby-boom de l’aprèsguerre laisse à présent place au papy-boom, dans tous les secteurs, et cela va durer encore quelques années, d’autant plus que les nouveaux dispositifs légaux vont conduire à maintenir les plus de 60 ou 65 ans dans l’emploi.

Pour autant, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail doivent pouvoir trouver leur place plus vite. Il faudra donc à la fois gérer le maintien dans l’emploi des seniors, tout en créant les conditions d’une réelle politique d’intégration des jeunes. Pour le groupe Partouche, cela passe notamment par une incitation forte de l’apprentissage, et nous travaillons par ailleurs sur la délivrance de certificats de qualification professionnelle au niveau de notre branche d’activité.

Quels en sont pour vous les enjeux ?

Jean-Paul Biard
: L’enjeu majeur est le transfert des compétences aux nouveaux arrivants. En second lieu, il faut relever le défi du recrutement et de la fidélisation des collaborateurs du groupe et pour cela être en capacité de toujours mieux attirer, recruter, intégrer et fidéliser les talents dont il aura besoin pour assurer son développement.

BCastaldo-mid2Benjamin Castaldo
: Si rien n’est fait, les débuts de carrière se caractériseront par des enchaînements d’expériences professionnelles non cohérentes entre elles, les jeunes alternant par ailleurs des périodes de travail avec des périodes d’inactivité.
Au titre du groupe Partouche nous avons passé des partenariats avec plusieurs écoles afin de pouvoir intégrer, dès le départ, les jeunes diplômés qui ont effectué au préalable des stages au sein de nos établissements. Il sera de plus en plus important pour les entreprises de nouer ce type de relations.

Comment préparez-vous ce changement au niveau prospectif et au niveau de la transmission des savoir-faire ?


Jean-Paul Biard
: Les secteurs d’activité les plus concernés sont identifiés à partir d’études démographiques. Les recrutements dans ces secteurs sont anticipés afin d’une part de lisser les flux d’entrée de nouveaux collaborateurs et d’autre part de disposer du temps nécessaire à leur professionnalisation avant de leur confier des responsabilités opérationnelles.
Un travail approfondi est réalisé au sein des équipes pour tirer le maximum des différentes modalités de transfert de compétences (tutorat, mises en situation...). Il apparaît donc primordial pour GDF SUEZ, tout nouvellement créé, de mettre en oeuvre rapidement une communication employeur à la hauteur de ces enjeux.

Benjamin Castaldo
: Alors que les entreprises doivent négocier en 2009 sur le thème du maintien dans l’emploi des seniors, il est surprenant que dans le même temps, cette négociation ne porte pas sur les juniors. Cela aurait pourtant été un symbole fort de volonté de transmission des savoir-faire. Peut-être que les partenaires sociaux pourront être force de proposition à cette occasion...
Plus concrètement, l’amélioration du statut du stagiaire en entreprise déjà amorcée pourrait être poussée plus loin. Je suis favorable à un quota de stagiaires obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés. Au sein du groupe Partouche, il est fréquent que les stagiaires soient recrutés dans l’année qui suit.


drh-match1



GDF SUEZ

• 200 000 salariés en France
• 8 000 embauches prévues en 2009 (équivalent à 2008)


Le groupe Partouche


• 5 700 salariés en France
• 400 embauches prévues en 2009 (550 réalisées en 2008)







 

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