Les coulisses d’une naissance



Nicolas Vanbremeersch a suivi l’aventure de LA MANU depuis ses débuts. Récit des coulisses...



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Juillet 2008, je passe 1h30 au téléphone avec Julie Coudry, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam, pour parler de ce que peut être une agence qui fabrique du lien entre étudiants et entreprises, à l’heure du web, des réseaux sociaux. Je suis dans un petit hôtel de l’île de Bréhat, Julie s’apprête à prendre 15 jours de vacances avant de se lancer dans le marathon du lancement. Des amis nous ont dit que nous aurions de quoi nous entendre. C’est le cas. Nous prenons date pour son retour, je me mets à plancher sur le sujet.






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En août, je rencontre enfin Julie Coudry et Laurent Bérail, les deux fondateurs de LA MANU, dans un bureau de Levallois. Ils me parlent de leur projet. J’attrape quelques mots clef, des histoires de murs qui tombent, d’entrepreneuriat, de génération, de liens. Je saisis l’ambition, la mesure : elle est grande. Ils me proposent de leur donner un coup de main pour faire exister ce projet en ligne. Pendant quelques mois, je vais vivre avec toute l’équipe, qui s’agrandira au fur et à mesure, de l’aventure de la création de LA MANU.



De la réflexion, de l’ébullition... en action


Début septembre. Grande salle de réunion claire, et, autour de la table, les acteurs du projet. Le sujet : comment lancer la dynamique ? Comment incarner dès sa naissance officielle, l’idée, les valeurs, les ambitions du mouvement ? On est dans le bain, le concret.


reunions-de-preparation-smallJ’apprends vite du mode de fonctionnement de LA MANU : un mélange d’action et d’intelligence inhabituel. Souvent, on sépare les deux, on réfléchit puis on agit, on prend le temps de définir précisément, et puis on passe à la déclinaison opérationnelle. Ici, l’action est toujours réfléchie dans son exécution même ; elle doit porter du sens, et nourrir la réflexion, dans un processus itératif permanent, un questionnement qui n’entrave pas, mais nourrit la recherche de quelque chose de mieux.



Au fil de septembre et d’octobre, des dizaines de réunions se succèdent, pour tout définir, ensemble. Pas de cloisonnement, dans le mode de travail. À chaque brainstorming, Serge, Nicolas, Loïc, Marianne, Pauline, Jérôme, Isabelle, Justin, Julie, Laurent et moi parlons de tout, et chacun a le droit, voire le devoir, d’y participer. Pas de murs en interne, quand on a l’ambition d’en faire tomber !

Le 6 novembre, LA MANU est lancée


peter-le-plafond-de-verre-smallLA MANU n’est plus rue du Chemin-Vert, dans cet immeuble de briques rouges. Elle a investi et réaménagé à son image une salle de la Cité des sciences. C’est le jour du rassemblement de ceux qui vont faire de LA MANU une réalité. On voit aux visages que les dernières nuits ont été courtes. Il a fallu rassembler plusieurs centaines de participants, nouer jusqu’au dernier jour les partenariats, faire concorder les protocoles ministériels avec les énergies entrepreneuses. Ce matin-là, tout se passe bien. Mieux, même : il se passe quelque chose. Il y a du corps, entre tous les participants, du lien, de l’épaisseur d’atmosphère. Sur le badge de chacun, pas d’étiquette, pas de statut. Tout le monde est de plain-pied, embarqué dans une aventure commune.

Je croise une vieille copine de mes années d’étudiant, responsable RH dans une grande banque. Joli raccourci de vie, une quinzaine d’années défile en quelques minutes ce matin-là : et si j’avais pendant ces mois aux côtés de LA MANU, tout simplement renoué avec mon énergie d’étudiant, fait tomber quelques murs moi aussi ?


Nicolas Vanbremeersch, 33 ans, a tenu pendant près de six ans le blog versac.net, considéré comme le principal blog politique français. Il a également créé la «République des blogs», qui fédère plusieurs centaines de blogueurs politiques en France, et en Europe.

Après des mois d’absence sur la toile, il revient avec son nouveau blog :
www.meilcour.fr



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