Parrains

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Jean-Paul Jacquier
Les Clés du Social - Président
Étudiants / entreprises / salariés : une triple entente

Le projet de LA MANU est d’être l’interface entre deux mondes : celui des universités, celui des entreprises. Son propos est de briser une sorte d’amalgame qui est de croire que l’université représente les étudiants et qu’en avançant l’idée du rapprochement entreprises / universités, on règlerait la question du rapprochement étudiants / entreprises.

On en est loin ! Et LA MANU jette ce pavé dans la mare : les étudiants existent par eux-mêmes.

Mais il est un deuxième amalgame : comme étudiants et universités sont distincts, l’entreprise et les salariés le sont aussi. Ainsi, si l’université ne représente pas les étudiants, l’entreprise ne représente pas non plus les salariés.

A partir de ce double constat que fait-on ? Est-il utile de plaider alors, non seulement pour un rapprochement entre étudiants et entreprises, mais aussi entre étudiants et salariés ?

Rassurons-nous : on n’est plus en 68, où certains défilaient en criant étudiants/ ouvriers, même combat ! Le temps a passé. Mais doit-on passer du rêve de la fusion au refus de tout contact ?

L’étudiant ne connaît le syndicalisme que par ses défilés, ses prises de positions publiques…Il ne connaît pas de syndicalistes. Ne serait-il pas utile qu’une occasion de découverte réciproque soit organisée ?

LA MANU a dans ses dossiers celui des stages. Pourquoi ne pas envisager que le stage soit l’occasion d’une prise de contact entre étudiant et représentants des salariés ? Ces représentants existent. Ils ont un regard sur l’entreprise et un rôle de proposition, de contrôle, de négociation. Plutôt que de découvrir dans les livres l’action syndicale quotidienne, le stage serait un moyen de faire connaissance, d’évoquer pour les uns leurs missions, pour les autres, leurs préoccupations.

Froncement de sourcils ! Y aurait-il une sorte d’interdit implicite isolant l’étudiant de la représentation des salariés de l’entreprise alors même qu’il devient difficile de trouver quelqu’un d’opposé au développement du dialogue social, tâche des futurs managers. Bien sûr, il existe une crise de la représentation sociale. On en parle ou on la cache comme une maladie honteuse ? Les représentants des salariés ne sont-ils que des casse-pieds ou sont-ils utiles ? Les étudiants n’ont-ils rien à dire à cette représentation ?

La solution habituelle de ce pays face à un problème est de publier un décret …qui a l’intérêt de ne pas résoudre le problème ! LA MANU peut sans doute nous éviter cette fausse piste !

Par Jean-Paul JACQUIER, Président du site « clésdusocial.com » et Nicole NOTAT, Présidente de VIGEO.

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