Entreprises et soutiens d'une cause ?



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Coup de pub ou réelle volonté de s’engager ? De plus en plus d’entreprises proposent à leurs salariés de s’investir dans une cause sur leur temps de travail.




Trois façons d’envisager le bénévolat salarial autrement qu’en ramenant ses dossiers à la maison.






1/
Bénéficier d'un statut citoyen
Exclusivité SFR qui ne tarda pas à faire des émules, le statut de « collaborateur citoyen » permet de profiter de 6 à 11 jours rémunérés par an pour s’investir dans une association dédiée à l’égalité des chances, la protection de l’enfance ou l’insertion des personnes handicapées. Une cinquantaine de salariés peuvent en bénéficier chaque année pour une durée pouvant aller jusqu’à trois ans renouvelables.

drossi-sfrDidier Rossi, ingénieur support technique et président de Montpellier Sauvetage

« J’étais déjà impliqué dans le milieu associatif quand j’ai commencé à travailler mais à cette époque rien n’encourageait l’engagement des salariés. C’est donc sur mon temps libre et en y consacrant tous mes week-end que j’ai créé avec un ami l’association Montpellier Sauvetage qui propose aux jeunes des quartiers défavorisés de passer gratuitement le brevet de secourisme et de sauveteurs en mer. Aujourd’hui président de mon association, je profite du temps mis à disposition par le statut de « collaborateur citoyen » pour lever des fonds auprès d’autres organismes. « C’est un motif pour rester dans mon entreprise et cela me donne envie de m’impliquer davantage dans mon travail car je sais que si, en retour, je demande du soutien, je l’obtiendrai. »
www.montpelliersauvetage.fr



2/S’engager dans le cadre d’une fondation d’entreprise
Depuis la loi de 2003 sur le mécénat qui a doublé les avantages fiscaux liés aux activités samu-socialsociétales des entreprises, le nombre de fondations d’entreprise a explosé et il s’en crée une nouvelle tous les dix jours. Elles peuvent être un moyen pour les entreprises de fidéliser les équipes autour de projets communs porteurs de sens et l’occasion d’attirer de nouveaux talents. Retour d’expérience.


cMelo-siemensChristophe Melo, un manager engagé auprès du Samusocial

«Je ne m’étais jamais engagé sérieusement auparavant. J’adoptais même parfois une position de recul face à toutes les sollicitations auxquelles chacun de nous est confronté chaque jour. Il y a tant à faire que cela pouvait me décourager. Mais, en tant que manager chez Siemens, j’ai eu l’occasion de participer à plusieurs actions menées en partenariat avec le Samusocial, soutenu par la fondation Siemens. Il y a deux ans, par exemple, j’ai participé pour la première fois à une maraude de nuit et cela m’a profondément marqué. Pour ma part, c’est une vraie fierté de travailler dans une entreprise qui s’engage. Bien sûr, cela contribue également à lui donner une bonne image, mais l’essentiel n’est pas là. L’important c’est que les choses avancent et j’aime y contribuer. »
www.samusocial.fr



3/ Partir en congé solidaire international
Envie de s’engager à l’international ? Depuis 1995, tout salarié peut demander, après un an d’ancienneté, un congé solidaire international de 2 semaines à 6 mois avec l’assurance de retrouver son poste au retour. L’employeur ne peut s’y opposer qu’en justifiant d’importants dysfonctionnements pour son entreprise et certains financent même parfois les projets des salariés. Une opportunité à saisir à condition de se rendre vraiment utile !
www.congesolidaire.org


sylvie-brunelSylvie Brunel, ancienne présidente d’Action contre la faim, professeur à Paris-Sorbonne, auteur notamment de "À qui profite le développement durable ?" (Larousse, 2008)

« Les congés solidaires sont une excellente façon pour les salariés de connaître d'autres expériences professionnelles et de mettre leurs compétences au service des pays du Sud. Il faut simplement veiller à ce qu'ils ne relèvent pas d'un "tourisme humanitaire" déguisé, au cours duquel l'on se donne bonne conscience à peu de frais sur une période trop courte pour être efficace. Il faut aussi garder présent à l'esprit qu'un des principaux drames des pays pauvres est l'ampleur du chômage, chez les diplômés aussi. L'idée que l'on est forcément plus compétent que ses homologues du Sud relève d'un racisme déguisé, et parfois il vaut mieux tout simplement prendre des vacances attentives et responsables que se croire nécessairement utile....en engraissant au passage des structures qui ont compris le bon filon pour rentabiliser notre envie de se rendre utile. »



Ce qu'en pensent les étudiants de LA MANU :

emma
« Les actions sociales de l’entreprise seront un réel critère dans ma recherche d’emploi. La communication a pour but de mettre en avant les actions de l’entreprise et je ne pourrai pas défendre des agissements allant contre le respect humain et environnemental. »

Emma Soisson, étudiante en IUT Communication des organisations à Bordeaux III






bauly
« Au-delà de l’exigence d’efficacité technique, “la donne humaine” pèse dans l’image d’une entreprise. Savoir que mes compétences pourraient avoir un impact positif sur la société par le biais de l’implication associative de mon entreprise compte pour moi. »

Bauly Sibailly, étudiant en Mathématique et Informatique à Paris VI





alex
« C’est un équilibre intéressant entre altruisme et utilitarisme. Mais je préférerais faire de l’associatif à l’extérieur de mon entreprise : il est bon de conserver un réseau social hors de ses collègues de travail, aussi sympathiques soient-ils ! »

Alexandre Le Breton, étudiant de Sciences Politiques à Lyon II




Crédits photos : 1/ Montpellier Sauvetage par Sébastien Nadaud, Jeune Talent photo SFR. 3/ Benoit Teillet pour le Samusocial.





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Commentaires  

 
#4 Pierre 2009-07-27 18:05 Bonjour,

je suis étudiant en gestion, en master et cette année, on a pas mal parlé d'éthique des affaires. Un bon bouquin à vous conseiller, même s'il est un peu volumineux. Il est très complet.

L’ÉTHIQUE DES AFFAIRES- Management par les valeurs et responsabilité sociale Yvon PESQUEUX & Yvan BIEFNOT Éditions d’Organisation, 2002

Vous verrez, c'est étonnant de voir que, déjà en 2002, les constats été faits.
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#3 Béatrice 2009-07-27 18:04 Multi-citer Mathilde:
Bonjour,
Première à réagir… Je me lance…
Coup de pub ou réelle volonté de s'engager? En fait, je pense que la question n'est pas là. Il est évident que les entreprises cherchent à se faire bien voir en agissant de manière "responsable" mais l'essentiel n'est-il pas qu'elles agissent justement ? Pour ma part, si le contexte n'est pas trop hypocrite, je pense que je serai plutôt fière de travailler dans une entreprise qui agit ainsi.


Oui elles agissent mais peut être qu'on pourrait aussi essayer de faire comprendre aux boîtes que c'est miser sur le long terme et sur une autre forme de rentabilité que de mener des actions en faveur de l'environnement ou du social.
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#2 Sonia Lancelord 2009-07-23 16:44 Bonjour,
J'avoue ne pas du tout être sensible à ce genre d'argument. Les entreprises doivent faire du profit sinon elles meurent et c'est à l'Etat de légiférer pour que leurs pratiques ne soient pas irresponsables. Ce qui m'importe c'est que l'entreprise dans laquelle je travaille soit pérenne et non qu'elle joue sur tous les tableaux.
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#1 Mathilde 2009-07-23 16:41 Bonjour,
Première à réagir… Je me lance…
Coup de pub ou réelle volonté de s'engager? En fait, je pense que la question n'est pas là. Il est évident que les entreprises cherchent à se faire bien voir en agissant de manière "responsable" mais l'essentiel n'est-il pas qu'elles agissent justement ? Pour ma part, si le contexte n'est pas trop hypocrite, je pense que je serai plutôt fière de travailler dans une entreprise qui agit ainsi.
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